
À Saint Cyr, Olympe vit repliée sur elle. Un drame dans son enfance l’a traumatisée, elle a perdu la mémoire. Mais lorsqu’elle découvre le théâtre, sa vie change. Elle intègre alors une troupe et fait la connaissance d’un jeune comédien. Tout semble aller pour le mieux.
Et un jour, elle se souvient. Sera-t-elle assez forte pour affronter son passé et connaître un jour l’amour ?
Illustration d’Aline Bureau.
Molière dans le rôle de César dans La Mort de Pompée, peint par Nicolas Mignard (1658). Collection Comédie-Française.
Être comédien au XVIIème siècle était très mal vu ! L’image et le statut des comédiens ont beaucoup évolué au cours de ce siècle. Au début, ils étaient méprisés. Rejetés par la noblesse et désargentés, ils jouaient des farces, des scènes satiriques ou comiques sur la voie publique. On les appelait des saltimbanques.
Leur statut a changé grâce à l’arrivée d’auteurs dramatiques cultivés et doués d’un langage noble, comme Molière, Racine, ou Corneille. Louis XIV s’intéresse au théâtre : c’est aussi grâce à lui que la situation des comédiens s’améliore, notamment avec Molière que le roi a hautement en estime. Il décerne à ses comédiens le titre de troupe du roi. Les troupes itinérantes se multiplient ensuite. Olympe fait partie d’une de ces troupes.
La situation matérielle des comédiens s’améliore en même temps que leur image, mais ils sont encore très mal vus par l’Eglise. Celle-ci pense que le théâtre provoque chez les spectateurs des émotions dangereuses qui conduisent au péché. Et si le comédien ne renonce pas à sa profession avant sa mort, il ne peut pas être enterré religieusement, il est excommunié. Même Molière, malgré l’estime du roi, n’a pas le droit de recevoir les derniers sacrements à sa mort puisqu’il n’a jamais renoncé à sa profession ! À la demande de sa femme, le roi acceptera tout de même qu’il soit enterré dans un cimetière, mais de façon presque clandestine.